Le projet

La santé comme levier de développement dans le cadre de la transition agroécologique.

Le projet Santés & Territoires postule que l’état de santé d’un territoire donné, voulu par les acteurs, peut être mobilisé en tant que “Commun” pour définir les actions à mener dans le cadre de la transition agroécologique.

En associant le cadre « One Health » au cadre de la transition agroécologique, il sera possible de définir et d’améliorer la santé globale à l’échelle d’un territoire pour contribuer à la mise en place d’agrosystèmes durables.

Objectifs du projet :  » Santé & Territoires  » vise à concevoir, tester et évaluer une démarche participative et inclusive innovante pour accompagner la transition agroécologique. L’ambition est d’améliorer conjointement la santé des humains, des systèmes de production agricole et de l’environnement, puis d’impacter positivement et durablement les moyens d’existence des populations sur des territoires donnés. Ce faisant, le projet révolutionne les approches intégrées de la santé en intégrant les enjeux de la transition agroécologique au Sénégal, au Bénin, au Laos et au Cambodge.

Contexte : Les zoonoses (maladies animales transmissibles à l’homme), la résistance aux antibiotiques et la pollution de l’environnement posent de graves problèmes de santé publique. Beaucoup de ces problèmes sont liés aux systèmes de production agricole. La transition agroécologique des territoires peut-elle contribuer à les atténuer ? C’est la question centrale du projet Santé & Territoires. Les approches intégrées de la santé, telles que One Health, EcoHealth et Planetary Health, abordent les problèmes de santé de manière holistique, en considérant les interactions entre les animaux, les humains et l’environnement. Ces approches sont transdisciplinaires, incluant différentes disciplines et secteurs de la santé humaine, animale et environnementale, et la participation des décideurs politiques et de la société civile. La transdisciplinarité est également une caractéristique de la transition agroécologique, lorsque par exemple les agriculteurs, les éleveurs, les agronomes et les écologistes se rencontrent pour co-conçevoir des solutions durables pour les systèmes de production agricole. Par conséquent, l’utilisation d’une approche intégrée de la santé pour accompagner la transition agroécologique repose fortement sur des outils et des méthodes participatifs pour favoriser le dialogue entre tous les acteurs concernés, y compris les scientifiques. De plus, afin d’assurer l’appropriation et la durabilité des nouvelles pratiques agroécologiques, celles-ci doivent être définies, testées et validées par les bénéficiaires. Dans tous ses domaines d’intervention, les membres du projet  » Santé et Territoires  » vont tout d’abord co-définir avec les communautés concernées ce qu’est la santé de leur territoire en considérant quatre dimensions : la santé humaine, la santé animale, la santé végétale et la santé environnementale (voir figure). Ces définitions, spécifiques à chaque territoire, serviront de cadre à la définition d’actions collectives locales visant à améliorer la santé dans toutes ses dimensions.

La théorie du changement pour atteindre les objectifs :

Améliorer la santé des territoires dans un cadre One Health intégrant les enjeux de la transition agroécologique contribue aux stratégies d’atténuation du changement climatique (en lien avec les NDC des différents pays concernés) et à l’augmentation de la résilience des systèmes. Les résultats que nous visons impactent à la fois les dimensions sociales et écologiques des territoires (dans le cadre d’une approche socio-écologique de la santé).

Le projet « Santé & Territoires » adopte une approche participative, itérative et évolutive de co-identification des problèmes et de co-conception des solutions. Cette approche sera mise en œuvre au sein de living labs, conçus comme des cadres expérimentaux pour concevoir et tester de nouvelles pratiques agroécologiques, de nouveaux outils, connaissances, normes et discours, ainsi que les arrangements institutionnels qui les accompagnent. Les laboratoires vivants seront géographiquement et institutionnellement délimités, et thématiquement limités par une problématique identifiée par la communauté locale participant aux laboratoires vivants avec les partenaires du projet. . Les membres du laboratoire vivant identifieront ensuite le système d’intérêt concernant la problématique. Les composants et les interactions des systèmes seront cartographiés et des scénarios de transformation seront produits pour soutenir la co-conception d’expériences agro-écologiques. Il peut y avoir un ou plusieurs living labs pour un territoire donné. Cette approche d’accompagnement permettra de développer de nouveaux outils et de mettre en œuvre des outils existants pour la consultation et la coordination locales. Elle s’appuie sur des méthodes participatives telles que la prospective territoriale (anticipation), la modélisation d’accompagnement (ComMod) et le suivi/évaluation de l’impact (IMPRESS). Des outils d’analyse des systèmes de production, des dynamiques socio-économiques, des politiques publiques et des institutions seront également utilisés.

Localisation : Lac de Guiers – Sénégal, Cotton zones – Bénin, Champasak – Laos, Battambang – Cambodge.

Financement et cofinancement : Union européenne (4M euros)- Agence Française de Développement (2M euros)

Durée : 5 ans ; mai 2021 – mai 2026